Skyfall

Réalisateur : Sam Mendes

Année : 2012

Synopsis : Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel…

          
          
          

Le dernier James Bond est plutôt bon, de manière assez intéressante il développe le personnage de M et sa relation avec l'agent 007. L'épisode marque aussi l'arrivée (et la réinvention) de personnages iconiques de la saga, avec plus ou moins de bonheur (Q est excellent, je suis moins convaincue par Moneypenny). Je reste en revanche un peu sur ma faim en ce qui concerne le gros méchant qu’est Silva. Rien à redire sur la folie du personnage, flippant et dérangeant à souhait, mais la logistique qui l’entoure ne cesse de rappeler son statut de personnage de film et lui fait perdre en force d’impact. C’est problématique que l’antagoniste puisse faire tout ce qu’il souhaite au seul motif de son extrême maîtrise de l’informatique. On en voit constamment les effets, mais jamais nous ne le surprendrons à l’œuvre ni n’aurons d’explications, ce qui accentue l’impression de génie du mal surpuissant parachuté au milieu de l’intrigue. Si James Bond pouvait éviter de croiser Fantomas, ça serait mieux… L’action spectaculaire n’aide pas à résoudre ce conflit, je la trouve trop présente, au détriment de la valorisation psychologique des personnages. (On n’attend pas des James Bond un réalisme à toute épreuve, mais par endroits c’est too much. Une rame de métro qui vient s’engouffrer dans les souterrains, sérieusement…)

Visuellement, ça claque. L’esthétique est léchée, certains plans sont de toute beauté, on a envie de faire des arrêts sur image pour les admirer en détail. Les différents lieux traversés bénéficient tous d’une atmosphère prenante : Hong Kong de nuit est fascinante ; Londres est présentée en dehors des clichés, froide et angoissante, elle fait l’objet d’une mise en lumière progressive réussie ; l’Ecosse est saisissante… Je ne m’attendais pas à trouver une réalisation aussi soignée dans un blockbuster, ça a été une appréciable surprise.

Skyfall est meilleur que Quantum of Solace, son prédécesseur. Je lui préfère Casino Royale, mais c’est une question de sensibilité, les deux se valent. Force est en tous cas de constater que la licence a su se renouveler depuis l’arrivée de Daniel Craig. Je n’aurais pas pensé accrocher, j’étais sceptique quant au choix de l’acteur lors de la sortie de Casino Royale, mais contre toute attente j’ai adhéré à la nouvelle orientation de la licence et à l’incarnation de son héros emblématique. Plus rudes, plus violents, plus crédibles dans une certaine mesure, les nouveaux épisodes font la part belle à la force brute tout en laissant en retour le personnage afficher des failles plus marquées. La noirceur de ces nouveaux épisodes va bien à James Bond.

samedi 23 mars 2013 Leave a comment

Indochine - Memoria

Memoria, premières impressions !


Cadeau bonux, le clip sorti le 2 Décembre (enfin le 10 officiellement mais on ne va pas pinailler) et son couplet ajouté.

La musique est bien, les paroles sont terrifiantes. C'est indéniablement du Indochine, à tous les niveaux, mais alors misère quelle niaiserie et quel manque de poésie… C'est linéaire et ça ne suscite aucune image. C'est même un peu gênant, à la moitié de la chanson je me suis dit que Nicola nous racontait sa vie, avec un manque de pudeur inhabituel (et écrire une chanson pour reconnaître qu'on a merdé et récupérer sa nana, c'est un peu facile hein !)

Après plusieurs écoutes, je parviens à faire abstraction des paroles, ça passe mieux, mais le chant demeure poussif, ce n'est pas hyper agréable à l'oreille. Et bon, à force d'abuser de fantaisies indochinoises, on se retrouve surtout en présence de formulations bancales assez osées. Non, "comme si la vie nous l'empêchera" n'est pas une licence poétique, c'est un massacre. "Un jour je seeeeeerai de [Temps d'arrêt] retour près de toi" merci mais les pieds sont mal agencés à l'intérieur du vers, le résultat est curieux.

En résumé, j'ai vu mieux. Ceci étant, j'ai un meilleur feeling qu'avec Little Dolls qui m'avait laissée indifférente et je le sens mieux pour l'album à venir, l'atmosphère urbaine et nocturne me parle.

Le désappointement à la première écoute vient aussi du fait que j'attendais autre chose du premier single. Je pensais qu'il serait plus fort, plus électro-rock. Là c'est très pop, limite variété. Je sais qu'Indochine vient aussi un peu de là mais ça m'ennuie parce que ce n'est pas ce que je cherche chez eux. Autre surprise liée au point précédent, je pensais que ce que j'entendrais serait très différent de La République des Météors. Ce n'est pas le cas, on est dans une continuité troublante – et un peu inquiétante alors que Kill Nico semblait déjà être une chute de cet album semi réussi. En fait, Memoria c'est La République des Météors croisée avec Un Jour Dans Notre Vie.

jeudi 15 novembre 2012 Leave a comment

Take me for a ride




Oh ! Oh ! Oh ! Cette soirée offre un avant-goût du foisonnement musical de 2013 avec deux premières réjouissances, yum !

Depeche Mode est au rendez-vous, IAMX moins, Unified Field est quelconque mais à la vérité, ça fait un moment que je sens mon attrait pour IAMX décroître, le single ne vient qu'entériner la fin d'une période. Restent de jolis souvenirs et des concerts dont je ne peux me défaire, à défaut d'une euphorie renouvelée.

La vidéo de Depeche Mode en studio remonte le niveau et me met de fort bonne humeur ! Je n'ai pas crié mon amour pour la chanson dès la première écoute, mais l'inconnue m'avait suffisamment captée pour que j'ai envie de la réécouter cinq minutes après. Inutile de préciser que je l'ai depuis adoptée.

mardi 23 octobre 2012 Leave a comment

Muse - The 2nd Law

Tiens, le nouveau Muse est moins pourri que prévu. Première écoute, et j'irai jusqu'à dire qu'il est sympa. Appellation temporaire qui reflète surtout mon étonnement de ne pas voir le groupe s'engouffrer dans la brèche ouverte avec leurs deux derniers albums. Black Holes And Revelations m'avait terriblement déçue dès sa divulgation sur Myspace, impression qui ne s'est pas démentie depuis (et en plus Starlight a été trop entendue et m'a saoulée, il ne reste plus grand chose à sauver. Map Of The Problematique, Knights Of Cydonia, voilà, nous avons fait le tour). En un album ils m'ont tellement blasée que je n'ai même pas été désappointée par The Resistance (j'ai dû aller chercher le titre de l'album tellement il m'a marquée), je m'en suis fichue au plus haut point, saine indifférence à l'égard de la production d'un groupe partant dans une direction décidément bien éloignée de mes aspirations.

The 2nd Law n'innove pas, mais si on considère les dernières expérimentations, c'est sans doute mieux ainsi. On retrouve du Muse plus brut, plus proche des débuts (Supremacy), du Muse très Butterflies And Hurricanes (Survival, nettement moins irritante quand elle n'est pas servie avec une exubérance contrôlée dans le cadre d'une cérémonie de clôture des JO), du Muse qui flirte avec les Scissor Sisters en un dangereux revival eighties (Panic Station). On pourrait sans problème jouer longtemps au jeu des ressemblances et des bouts de morceaux piqués à droite à gauche. Ce n'est pas un album d'une folle originalité, et oui ils s'auto-citent, mais je préfère si le résultat s'avère plus décent.

J'ai un peu peur de la suite de l'album, il parait que sa deuxième moitié est nettement inférieure, je vais m'arrêter avant de repenser que Muse est définitivement mort. Ce qui est certain c'est que je suis de toute façon nettement moins intéressée par eux que par le passé, j'ai lâché l'affaire en 2006, je ne crois pas que je pourrais leur revenir avec la même conviction.

Je ne sais pas trop ce que je penserais de The 2nd Law après la première écoute, possible que je le trouve faiblard donc autant immortaliser ce moment de surprise sans effusion. On sent le côté poussif, un peu kitsch sur certains morceaux (franchement, il y en a certains qui auraient presque pu être écrits en d'autres décennies) et ça peut rebuter, mais il faut aussi avouer que les titres sont très immédiats et, en tous cas à mi-parcours, on se dit que c'est réécoutable. Je doute fortement que ça puisse devenir un coup de cœur mais c'est mieux qu'escompté, limite je regrette de ne pas avoir de place pour les voir parce que ça aurait pu bien rendre (Follow Me, c'est calibré pour plaire mais je suppute que ça passe bien en concert, et Panic Station m'a bizarrement inspirée ce regret).

Allez, un bon point pour Muse.


(Bon et parlons bien, parlons peu. Dans les autres actualités musicales, Arcade Fire a annoncé un album pour 2013. Si ça ce n'est pas de la bonne nouvelle, je vais enfin pouvoir les voir, il aura fallu que j'attende leur quatrième tournée, mieux vaut tard que jamais... Je les vois assez mal se planter, mais on va quand même croiser les doigts, j'espère que le disque sera aussi bon que les précédents).


Edit après écoute intégrale de l'album de Muse : La deuxième moitié de The 2nd Law est effectivement moins attrayante, certains titres ne sont vraiment pas bons... Ce n'est clairement pas un grand disque mais le début se laisse écouter, c'est entraînant, il ne faut juste pas trop réfléchir.

jeudi 27 septembre 2012 Leave a comment

Martha Jane Cannary - Matthieu Blanchin, Christian Perrisson

Martha Jane Cannary est certainement l’une des personnalités les plus connus des États-Unis d’Amérique, sous le nom de Calamity Jane. Mais qui est-elle réellement ?

Christian Perrissin et Matthieu Blanchin se sont penchés sur les écrits de Calamity Jane, Les Lettres à sa fille, et sur de nombreux autres écrits pour nous raconter la vie de cette aventurière, célèbre, mais assez méconnue, qui a croisé le Général Custer, et dont le grand amour se nommait Wild Bill Hickok. Mais c’est avant tout le portrait d’une femme que les auteurs dévoilent au-delà du mythe dans cette trilogie intimiste à grand spectacle.

Née le 1er mai 1852 dans le Missouri, elle est l’aînée d’une famille de six enfants. Ses parents, de pauvres agriculteurs décident de tout abandonner pour aller vers l’Ouest, à Salt Lake City, où vit la plus grande communauté mormone. Elle a 15 ans quand ses parents meurent. Élevant seule sa fratrie, elle se retrouve contrainte de les abandonner pour ne pas avoir à se marier avec un homme qui la convoite. Sa vie aventureuse commence. Un peu partout sur les territoires des Wyoming, Dakota et Montana, on repérera le passage de cette extravagante jeune femme, cocher de diligence un jour, serveuse de saloon le lendemain, cow-girl, sage-femme, poseur de rails… mille petits boulots qui contribueront à lui tailler une réputation sulfureuse dans un Ouest à la fois sauvage et puritain et qui lui vaudront son surnom.




Aujourd'hui, une BD dense et passionnante. Les auteurs ont fait un gros travail pour démêler la réalité de la légende et n’hésitent pas à pointer les zones d’ombre et les incertitudes, la démarche est honnête et appréciable. Je ne connaissais pas spécialement la vie de Calamity Jane et je n’étais pas sûre que ça me passionnerait plus que ça, mais les trois volumes de Matthieu Blanchin et Christian Perrissin m’ont bien happée.

C’est cocasse, il faut que j’ai ma liste de lectures devant les yeux et que je regarde celles qui m’ont emballées pour voir combien certaines thématiques sont récurrentes. Les grands espaces me fascinent de plus en plus, ça m’en a sensibilisé à la conquête de l’Ouest alors que je ne portais jusqu’à présent qu’un faible intérêt aux Etats-Unis. L’histoire d’une femme plaçant sa liberté au-dessus de tout et prête à tout les sacrifices pour la préserver, c’était assez logique que ça me parle finalement… Autre grande thématique qui se retrouve dans pas mal de mes lectures actuellement, l’affirmation de soi. Bon, bon, bon, dis moi ce que tu lis, je te dirais ce que tu es, on ne va pas trop pouvoir le nier. Et quand je vois les personnages que je créé, c’est troublant, j’y place mes obsessions de manière tellement systématique, à ne pas réussir à m’extirper de certains schémas. Ça permet d’établir un parcours psychologique l’air de rien, j’ai relu l’autre jour une partie d’Hélia, et j’étais sciée par ce qu’exposait mon personnage. Je pouvais tout à fait retrouver dans quelles dispositions j’étais à ce moment là… Sans compter ce que peuvent annoncer les personnages et dont on ne prend conscience que bien plus tard. La fierté abusive d’Helena n’est pas son seul fait, je m’aperçois que je peut être d’une fierté qui me rend bien des situations difficiles à accepter…

mercredi 26 septembre 2012 Leave a comment

Control

Réalisateur : Anton Corbijn

Année : 2007

Synopsis : La vie de Ian Curtis, leader du groupe mythique de rock anglais Joy Division. Tiraillé entre sa vie de famille, sa gloire naissante et son amour pour une autre femme, Ian Curtis s'est suicidé le 18 mai 1980, à la veille de la première tournée américaine du groupe qui s'annonçait triomphale.

     
     
     

dimanche 23 septembre 2012 Leave a comment

Argh.

Je vais buter la sauvegarde automatique de Blogger.

Ca valait le coup d'essayer de se mettre à jour, au lieu de copier mon texte, j'ai collé ce que j'avais précédemment en mémoire, ça a été immédiatement sauvegardé... L'art d'effacer un contenu conséquent que je ne pourrais pas retrouver : la chronique des lectures sur le vif est plus efficace qu'un passage en revue plusieurs semaines plus tard, surtout quand la masse de bandes dessinées lues dans ce laps de temps a été particulièrement importante.

Punaise je le sentais poindre ce coup en plus, je trouvais aussi que ça faisait longtemps que je n'avais pas sauvegardé sous Word pour éviter ces possibles mésaventures...

*Chpaf*


Edit des mois plus tard : Merveilleux, j'ai enfin rattrapé mon retard et mis en ligne les impressions parcellaires qu'il me restait des romans et bandes-dessinées lues au printemps. Et je n'ai pas ajouté le moindre contenu depuis... Je sais, ma résolution d'utiliser ce blog pour garder une trace de toutes mes lectures n'aura pas tenue longtemps. Mais je vois bien que je ne pourrais pas tenir le rythme et chroniquer chacune d'entre elle, alors je vais me contenter de les recenser dans un coin, et ne revenir que pour quelques focus d’œuvres marquantes. Je n’ai pas le coup de cœur facile (je suis même franchement difficile), ça limitera déjà. Il faut que j'évite d'aborder ma pile de livres en me sentant contrainte parce qu'une production devrait immanquablement suivre, c'est trop scolaire et je ne trouve pas que ce soit un très bon départ que de m'imposer ce poids. Ne nous enfermons pas dans des carcans, je n'écrirais que lorsque j'en aurais l'envie et l'occasion, soit à un rythme probablement peu soutenu, je ne vais quand même pas me mettre une pression d'écriture sur un blog post-it !

lundi 18 juin 2012 Leave a comment

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