Films Décembre - Janvier

Derniers films que j’ai vus et appréciés, au-delà de toutes espérances pour beaucoup.

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The Social Network


Réalisateur : David Fincher
Année : 2010
Synopsis : Lors d'une soirée d'automne en 2003, Mark Zuckerberg, véritable génie de la programmation informatique et étudiant de premier cycle à l'université Harvard, s'est assis devant son ordinateur et s'est mis à plancher avec fougue sur une nouvelle idée. Ce qui a commencé comme un déchaînement de programmation informatique dans un dortoir est rapidement devenu un réseau social global et une révolution en matière de communication. Six ans et 500 millions d'amis plus tard, Mark Zuckerberg est le plus jeune milliardaire de l'histoire. Mais pour cet entrepreneur, le succès est aussi synonyme de problèmes personnels et légaux.

Mieux vaut le savoir, la première scène est très déstabilisante : l’informatique à tout berzingue, ça effraie. Heureusement, tout le film n’est pas comme ça, pas besoin de prévoir de s’accrocher pour essayer de capter quelque chose. Avec le recul je ne peux pas dire que The Social Network m’ait très fortement marquée, mais c’était plaisant à regarder et l’ambiguïté du positionnement de Marc Zuckerberg était bien retranscrite. C’était aussi la première fois que je voyais Jesse Eisenberg à l’œuvre et j’ai apprécié sa prestation.




Sweeney Todd


Réalisateur : Tim Burton
Année : 2007
Synopsis : Au XIXème siècle, Sweeney Todd, qui était connu sous le nom de Benjamin Barker avant d'avoir été injustement envoyé en prison par le juge Turpin qui s'apprête maintenant à épouser sa fille, revient à Londres comme barbier. Il ouvre boutique au dessus du commerce de Mrs Lovett, qui vend les pires tartes à la viande de Londres. Avec son aide, il va se débarrasser des personnes qui ont détruit sa vie, et devient le diabolique barbier de Fleet Street, rasant la gorge des gentilshommes dont on n'entend plus parler après.

Donnez-moi un billet de blog qui lui soit entièrement dédié ! Une seule image ne saurait suffire !




Coraline


Réalisateur : Henry Selick
Année : 2009
Synopsis : Caroline Jones est une fillette intrépide et douée d’une curiosité sans limites. Ses parents, qui ont tout juste emménagé avec elle dans une étrange maison, n’ont guère de temps à lui consacrer. Pour tromper son ennui, Coraline décide donc de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement identique au sien… mais où tout est différent. Dans cet Autre Monde, chaque chose lui paraît plus belle, plus colorée et plus attrayante. Son Autre Mère prend la peine de lui mitonner des plats exquis, son Autre Père est pleinement disponible, et même le Chat, si hautain dans la Vraie vie, daigne s’entretenir avec elle. Coraline est bien tentée d’élire domicile dans ce Monde merveilleux, qui répond à toutes ses attentes. Mais le rêve va très vite tourner au cauchemar. Prisonnière de l’Autre Mère, Coraline va devoir déployer des trésors de bravoure, d’imagination et de ténacité pour rentrer chez elle et sauver sa Vraie famille…

J'adhère davantage qu'à l'Etrange Noël de Monsieur Jack réalisé par le même Henry Selick grâce aux personnages et aux décors moins torturés, plus chauds visuellement. Ca n'en reste pas moins dérangé et ce n'est clairement pas un film pour les enfants. Il y a un côté Alice au pays des merveilles qui m'a réjouie, j'ai plus eu l'impression d'y trouver ce que je cherchais que dans le film éponyme de Tim Burton. Les sujets abordés, les impressions quasi psychanalytiques qui en ressortent ont une profondeur intéressante. Oui je suis vraiment contente de ce film, il est dérangeant et pas neutre sans que ça ne fasse appel au dégoût comme dans l'Etrange Noël.




Somewhere


Réalisateur : Sofia Coppola
Année : 2011
Synopsis : Johnny Marco, auteur à la réputation sulfureuse vit à l'hôtel du Château Marmont à Los Angeles. Il va recevoir une visite inattendue : sa fille de 11 ans.

Du Sofia Coppola sans l'ombre d'un doute : lenteur, focalisation sur l'anodin, intrigue intégralement contenue dans la bande annonce. Comme pour Lost In Translation, le premier visionnage est déroutant, on pense ne jamais revoir le film et puis finalement… Il y a quelque chose d'hypnotique dans ces plans.




Sleepy Hollow


Réalisateur : Tim Burton
Année : 2000
Synopsis : En 1799, dans une bourgade de la Nouvelle-Angleterre, plusieurs cadavres sont successivement retrouvés décapités. Les têtes ont disparues. Terrifiés, les habitants sont persuadés que ces meurtres ont été commis par un étrange et furieux cavalier, dont la rumeur prétend qu'il est lui-même sans tête. Les autorités new-yorkaises envoient alors leur plus fin limier pour éclaircir ce mystère. Ichabod Crane ne croit ni aux légendes, ni aux vengeances post-mortem. Mais, a peine arrivé, il succombe au charme étrange et vénéneux de la belle Katrina Van Tassel.

Un revisionnage qui mérite d’être mentionné, il y a encore peu je n’aurais pas parié dessus… C’était moins horrifique que lorsque je l’ai découvert, savoir à quoi s'attendre, ça aide. Et c’était un peu décevant parce que la psychologie des personnages n'est pas fouillée et que ça rend les motifs des meurtres un peu gros. Le jeu avec l'effroi était également en deçà de mes attentes, il me semblait que la peur s'étayait sur des assises plus psychologiques et qu'on se faisait des films pour rien, mais tout est montré, systématiquement. Ce qui ne créé qu'une peur de voir des choses gores, la peur en tant que sensation injustifiée, stimulant notre imagination paranoïaque, n'est pas exploitée. Conséquence, les évènements sont prévisibles et gâche toute l'attraction que l'on pourrait avoir à côtoyer l'effroi : si on a les signes qu'une décapitation adviendra, elle adviendra, il n'y a pas de feinte avec le spectateur, ça manque de subtilité dans la démonstration, c'est brutal et les massacres en sont rendus bien moins impactants.




Harvey Milk


Réalisateur : Gus Van Sant
Année : 2009
Synopsis : Conseiller municipal à San Francisco, Harvey Milk est le premier homme politique américain à avoir parlé ouvertement de son homosexualité. Il fut assassiné avec le maire de la ville en 1978. Le film, ancré dans les années 70, relate son parcours politique et la controverse autour de sa personnalité.

Un film de Gus Van Sant jugé trop classique dans sa forme mais je m'en réjouis, j'aurai eu du mal à le regarder autrement (un jour je tenterai de revoir Elephant, mon avis changerait probablement). J'ai apprécié le film, il y a des scènes plus faibles, mais c'est prenant, bien joué, et essentiel dans le sujet auquel ça touche. A titre personnel, c'était marquant parce qu'il a été regardé en famille, ça aurait été inconcevable il y a quelques années. Ca n'a pas empêché la parenté d'être quelque peu désinvestie et je ne crois pas qu'ils aient été très touchés, mais n'en demandons pas trop à la fois.

L'angle pris pour traiter le sujet est pertinent, l'assassinat d'Harvey Milk n'est pas le point central de l'histoire ni même le point d'orgue du film, l'accent est mis sur son action, au service de tous, pas pour lui, pour une cause. Le fait qu'il ne cherche pas le pouvoir mais soit convaincu de sa cause (ou plutôt qu'il cherche le pouvoir pour sa cause), c'est ce qui attire vraiment dans le film et l'évocation des "nous autres" est très juste, et fait écho à notre propre modernité : les femmes, les noirs, les homos, les étrangers ; toutes les minorités.

La cause est sensible, elle me bouleverse profondément : je sais que si je m'engageais pour quelque chose, ça serait pour cela. Voir ce film ravive mon activisme, l'investissement que je n'ai jamais cru possible par anxiété sociale me semble soudain à ma portée. Peut-être me sera-t-il même nécessaire dans les années à venir, la haine et l'ignorance occupent encore tant de terrain... Lutter pour sauvegarder ce qui a été obtenu dans le sang, lutter pour empêcher l'obscurantisme de nous meurtrir, lutter pour espérer faire un pas de plus vers un monde meilleur, emprunt de l'humanisme éclairé que nous voulons pour lui.

Ce film est porteur, il entretient l'espoir, il réveille les instincts militants endormis. C'est sa plus grande qualité et sa réussite. Rappeler que rien n'est jamais acquis, que l'injustice ne peut être acceptée sous prétexte de presque égalité. L'indifférence de mes parents, leur méconnaissance ou plutôt le fait qu'ils ne comprennent pas pourquoi le combat est à ce point important, pourquoi être homosexuel n'est pas anodin et signifie l'introduction d'une bonne dose de complication dans sa vie me chagrine, mais cela me montre que j'ai raison. Il ne faut rien lâcher, travailler au quotidien pour progresser petit à petit. Cela me ramène à ma propre ambiguïté aussi, ce n'est pas sans douleur. Les années de peur, de questionnements, de malaise ne s'effacent pas comme ça, elles sont constitutives de ma personnalité, ce n'est qu'à ce prix que j'ai pu être plus apaisée, et encore n'en suis-je pas au bout malgré ce dont je voudrais me persuader. Ce satané manque de confiance, et la peur qui me tord les entrailles...

Harvey Milk réveille bien des choses en moi. Je m'en réjouis, le film est efficace. Je ne peux pas nier que ça fasse mal en tapant sur ce que j'avais refoulé avec tant de soin.

lundi 16 janvier 2012

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