Quelques lectures à retenir de ces deux derniers mois.
La Liseuse, Paul Fournel
La stagiaire entre dans le bureau de Robert Dubois, l'éditeur, et lui tend une tablette électronique, une liseuse. Il la regarde, il la soupèse, l'allume et sa vie bascule. Pour la première fois depuis Gutenberg, le texte et le papier se séparent et c'est comme si son coeur se fendait en deux.
Ce type de récit n'est pas ce qui m'éclate le plus : la trivialité du quotidien et ces histoires sans enjeux ne me font pas sauter sur place d'enthousiasme. Peut-être que je n'y connais rien, mais je ne partage pas la réjouissance de ceux qui me l'ont conseillés (qui s'extasient légèrement sur tout, aussi). L'intrigue de La Liseuse est anecdotique, reste un exposé pertinent de l'incursion du numérique dans le secteur de l'édition, une problématique à laquelle je ne peux rester insensible alors que mon futur professionnel se dessine. L'avenir est incertain, on ne ressortira pas de cette lecture avec des réponses toutes faites satisfaisant notre âme angoissée, on se contentera d'en retirer quelques pistes en sachant que les grands bouleversements ne nous ont pas encore atteint de plein fouet (le feront-ils dans mon secteur et dans les proportions que l'on se plait à imaginer en jouant à se faire peur ? Je n'en suis pas totalement persuadée, je crois davantage en la complémentarité qu'en la suppression du papier au profit du livre électronique). Paradoxalement, la plus grande réussite du roman est sa conclusion, hors récit, explicitant une forme de l'ensemble réfléchie en pied de nez aux velléités de modification offertes par le numérique : en une sextine quasi invisible ("tiens c'est drôle ces chapitres dont la taille diminue de plus en plus !"), Paul Fournel verrouille aussi sûrement qu'incontestablement son oeuvre.
Parle leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias Enard
En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait
qu'il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l'édification du tombeau, à Rome. Mais comment ne pas répondre à l'invitation du sultan Bajazet qui lui propose - après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci - de concevoir un pont sur la Corne d'Or ? Ainsi commence ce roman, tout en frôlements historiques, qui s'empare d'un fait exact pour déployer les mystères de ce voyage. Troublant comme la rencontre de l'homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman, précis et ciselé comme une pièce d'orfèvrerie, ce portrait de l'artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l'acte de créer et sur le symbole d'un geste inachevé vers l'autre rive de la civilisation. Car à travers la chronique de ces quelques semaines oubliées de l'Histoire, Mathias Enard esquisse une géographie politique dont les hésitations sont toujours aussi sensibles cinq siècles plus tard.
Jouer à Assassin's Creed Revelations peut vous aider dans votre vie de tous les jours. En tous cas si vous lisez une histoire qui se passe à Constantinople quelques années à peine avant qu'un bellâtre italien n'aille y voler de toit en toit. Le jeu fournit quelques indications géographiques et visuelles fort utiles, plus fort que le guide du Routard et Mappy réunis. (Comment ça je ne commente rien du tout ?) Soit, l'ouvrage est une perle, il mérite son prix, je l'ai adoré. Rah ça manque d'enthousiasme, mais c'est un très gros coup de coeur, je ne saurais trop vous inciter à le lire.
Seins et oeufs, Mieko Kawakami
La narratrice de ce roman se prénomme Natchan. Célibataire, elle vit à Tokyo. Au début du livre, sa sœur aînée Makiko, bientôt quarante ans et sa nièce Midoriko à peine treize ans, débarquent chez elle, lui imposent leur présence et plus précisément leurs problèmes. Car Makiko semble avoir profondément changé depuis que son mari l’a quittée. A Osaka, seule avec sa fille, une obsession s’est peu à peu emparée de tout son être : le projet de modifier son apparence en ayant recours à la chirurgie plastique est devenu pour elle le seul moyen d’aspirer à un bonheur nouveau, d’échapper à la haine de soi.
Le livre ne commençait pas trop mal en s'aventurant sur les thématiques du rapport au corps et de l'acceptation de sa transformation à l'adolescence, mais il tourne en boucle, et par conséquent en rond (comment trouver le moyen de se répéter en un peu plus de cent pages). C'est peut-être innovant dans le sujet traité mais ce n'est certainement pas la révélation littéraire de l'année.
L'ivresse du kangourou et autres nouvelles du bush, Kenneth Cook
Il y eut une longue pause, durant laquelle Benny émit de petits bruits de bouche compatissants, et enfin le kangourou ouvrit ses deux yeux injectés de sang. Je vous jure qu'à cet instant, il a grimacé... Puis il bondit soudain par-dessus la palissade et partit comme un bolide vers la brasserie." Que faire face à un kangourou qui a pris goût à la bière ? Peut-être pas le poursuivre à travers toute la ville pour le mettre en état d'arrestation... sauf chez Kenneth Cook dont les mésaventures trouvent toujours une issue aussi hilarante qu'absurde. Une simple partie de voile dans la baie de Sydney, un séjour forcé dans une cabane en compagnie d'un rat, la présence d'inoffensifs lézards à bord d'un avion, tout devient homérique !
Des petites nouvelles sympathiques que je n'ai pas achevées parce que j'avais d'autres livres sur le feu mais j'y reviendrais à l'occasion, c'est sans prétention et ça se lit bien.
Révolver, Marcus Sedgwick
1910. Sig est seul dans une cabane au nord du cercle arctique. Son père est tombé dans un lac gelé, sa soeur et sa belle-mère parties chercher de l'aide. Un étranger survient, menaçant, réclamant le magot d'or volé... Pourtant rien n'a de valeur dans cette cabane désolée, hormis un revolver... Y aurait-il une explication à la fuite de la famille toujours plus au nord, depuis des années?
Lu pour préparer un comité de lecture, l'ouvrage m'est tombé tout droit dans les mains. Je ne l'ai pas choisi, je ne l'aurais pas forcément lu autrement, mais c'était une sympathique découverte. Un roman ado que je recommande (pas que pour les ados), à lire blotti sous la couette pour narguer le froid omniprésent. Il y a quelques baisses dans la narration par ci par là, mais ça reste pertinent sur la longueur, c'est astucieux, on se retrouve mis sur de fausses pistes, c'est captivant (la description du colt...) et on a du mal à lâcher le livre. Bon signe !
Tim Burton, Entretiens avec Mark Salisbury
D'Edward aux mains d'argent à Sweeney Todd, en passant par L'Etrange Noël de Monsieur Jack ou encore Big Fish, Tim Burton fait partie de ces quelques visionnaires du septième art qui ont réussi à créer à l'écran un véritable univers, à la fois novateur et complètement original. D'ordinaire avare d'entretiens, Tim Burton parle ici pour la première fois à coeur ouvert. La complicité qui le lie à Mark Salisbury mous permet d'entrer avec ces conversations dans l'intimité du créateur et de découvrir son jardin secret, peuplé de rêves et de cauchemars. Il revient ainsi avec une rare sincérité sur son enfance, ses débuts chez Disney, sur les films qu'il a faits, ou ceux qu'il n'a pas faits, sur ses relations difficiles avec les studios ; il évoque ses influences, son travail de dessinateur, d'illustrateur, et lève le voile sur ses obsessions et ses angoisses, sur ses zones d'ombre aussi. Enfin, dans ce livre exceptionnel illustré d'une centaine de ses dessins, il nous confie bon nombre d'anecdotes de tournage totalement inédites. Bien plus qu'un simple ouvrage d'entretiens, c'est un voyage au coeur même du cinéma de Tim Burton que nous vous proposons ici.
S'il ne fallait retenir qu'un seul livre sur Tim Burton, probablement serait-ce celui-ci. Il accumule les qualités, jusqu'à son format que je trouve optimal, c'est un bonheur à prendre en main. Le contenu est relativement exhaustif, j'ai encore trouvé de la matière après avoir pourtant lu l'ouvrage d'Antoine de Baecques, loin de démériter. J'ai beaucoup apprécié l'option prise pour les illustrations, uniquement composées des esquisses préparatoires de Tim Burton et sans aucune image tirées des films. La première étape de ma réconciliation avec Mars Attacks a ainsi été réalisée, j'ai pu supporter la vision des dessins des martiens. Yepie.
L'élégance des veuves, Alice Ferney
Car les épouses étaient toutes accaparées par cette tâche : procréer. Et Dieu qui les guidait, à qui chaque soir elles offraient leur journée, ce Dieu-là se chargeait de bénir leur couche, et de pardonner aux époux la douceur des caresses en soufflant autour d'eux des petits enfants. Ainsi les couples étaient féconds, comme si la terre avait été si belle qu'il fallait enfanter des êtres capables de s'en émerveiller. Ou si cruelle qu'il fallait apprendre à compter, parmi ceux qui naissaient, lesquels survivraient. (...) Le sang et la chair, qui n'ont jamais le temps qu'ils souhaiteraient, ont une éternité devant eux.
Le titre seul est déjà gracieux et tout en retenue, à l'image de ce joli livre, deuxième coup de coeur après Parle leur de batailles, de rois et d'éléphants. On y suit une même famille sur deux générations à travers la lignée des femmes. L'écriture est délicate et ciselée avec minutie, je conseille vivement.
La Liseuse, Paul Fournel
La stagiaire entre dans le bureau de Robert Dubois, l'éditeur, et lui tend une tablette électronique, une liseuse. Il la regarde, il la soupèse, l'allume et sa vie bascule. Pour la première fois depuis Gutenberg, le texte et le papier se séparent et c'est comme si son coeur se fendait en deux.
Ce type de récit n'est pas ce qui m'éclate le plus : la trivialité du quotidien et ces histoires sans enjeux ne me font pas sauter sur place d'enthousiasme. Peut-être que je n'y connais rien, mais je ne partage pas la réjouissance de ceux qui me l'ont conseillés (qui s'extasient légèrement sur tout, aussi). L'intrigue de La Liseuse est anecdotique, reste un exposé pertinent de l'incursion du numérique dans le secteur de l'édition, une problématique à laquelle je ne peux rester insensible alors que mon futur professionnel se dessine. L'avenir est incertain, on ne ressortira pas de cette lecture avec des réponses toutes faites satisfaisant notre âme angoissée, on se contentera d'en retirer quelques pistes en sachant que les grands bouleversements ne nous ont pas encore atteint de plein fouet (le feront-ils dans mon secteur et dans les proportions que l'on se plait à imaginer en jouant à se faire peur ? Je n'en suis pas totalement persuadée, je crois davantage en la complémentarité qu'en la suppression du papier au profit du livre électronique). Paradoxalement, la plus grande réussite du roman est sa conclusion, hors récit, explicitant une forme de l'ensemble réfléchie en pied de nez aux velléités de modification offertes par le numérique : en une sextine quasi invisible ("tiens c'est drôle ces chapitres dont la taille diminue de plus en plus !"), Paul Fournel verrouille aussi sûrement qu'incontestablement son oeuvre.
Parle leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias Enard
En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait
qu'il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l'édification du tombeau, à Rome. Mais comment ne pas répondre à l'invitation du sultan Bajazet qui lui propose - après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci - de concevoir un pont sur la Corne d'Or ? Ainsi commence ce roman, tout en frôlements historiques, qui s'empare d'un fait exact pour déployer les mystères de ce voyage. Troublant comme la rencontre de l'homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman, précis et ciselé comme une pièce d'orfèvrerie, ce portrait de l'artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l'acte de créer et sur le symbole d'un geste inachevé vers l'autre rive de la civilisation. Car à travers la chronique de ces quelques semaines oubliées de l'Histoire, Mathias Enard esquisse une géographie politique dont les hésitations sont toujours aussi sensibles cinq siècles plus tard.Jouer à Assassin's Creed Revelations peut vous aider dans votre vie de tous les jours. En tous cas si vous lisez une histoire qui se passe à Constantinople quelques années à peine avant qu'un bellâtre italien n'aille y voler de toit en toit. Le jeu fournit quelques indications géographiques et visuelles fort utiles, plus fort que le guide du Routard et Mappy réunis. (Comment ça je ne commente rien du tout ?) Soit, l'ouvrage est une perle, il mérite son prix, je l'ai adoré. Rah ça manque d'enthousiasme, mais c'est un très gros coup de coeur, je ne saurais trop vous inciter à le lire.
Seins et oeufs, Mieko Kawakami
La narratrice de ce roman se prénomme Natchan. Célibataire, elle vit à Tokyo. Au début du livre, sa sœur aînée Makiko, bientôt quarante ans et sa nièce Midoriko à peine treize ans, débarquent chez elle, lui imposent leur présence et plus précisément leurs problèmes. Car Makiko semble avoir profondément changé depuis que son mari l’a quittée. A Osaka, seule avec sa fille, une obsession s’est peu à peu emparée de tout son être : le projet de modifier son apparence en ayant recours à la chirurgie plastique est devenu pour elle le seul moyen d’aspirer à un bonheur nouveau, d’échapper à la haine de soi.
Le livre ne commençait pas trop mal en s'aventurant sur les thématiques du rapport au corps et de l'acceptation de sa transformation à l'adolescence, mais il tourne en boucle, et par conséquent en rond (comment trouver le moyen de se répéter en un peu plus de cent pages). C'est peut-être innovant dans le sujet traité mais ce n'est certainement pas la révélation littéraire de l'année.
L'ivresse du kangourou et autres nouvelles du bush, Kenneth Cook
Il y eut une longue pause, durant laquelle Benny émit de petits bruits de bouche compatissants, et enfin le kangourou ouvrit ses deux yeux injectés de sang. Je vous jure qu'à cet instant, il a grimacé... Puis il bondit soudain par-dessus la palissade et partit comme un bolide vers la brasserie." Que faire face à un kangourou qui a pris goût à la bière ? Peut-être pas le poursuivre à travers toute la ville pour le mettre en état d'arrestation... sauf chez Kenneth Cook dont les mésaventures trouvent toujours une issue aussi hilarante qu'absurde. Une simple partie de voile dans la baie de Sydney, un séjour forcé dans une cabane en compagnie d'un rat, la présence d'inoffensifs lézards à bord d'un avion, tout devient homérique !
Des petites nouvelles sympathiques que je n'ai pas achevées parce que j'avais d'autres livres sur le feu mais j'y reviendrais à l'occasion, c'est sans prétention et ça se lit bien.
Révolver, Marcus Sedgwick
1910. Sig est seul dans une cabane au nord du cercle arctique. Son père est tombé dans un lac gelé, sa soeur et sa belle-mère parties chercher de l'aide. Un étranger survient, menaçant, réclamant le magot d'or volé... Pourtant rien n'a de valeur dans cette cabane désolée, hormis un revolver... Y aurait-il une explication à la fuite de la famille toujours plus au nord, depuis des années?
Lu pour préparer un comité de lecture, l'ouvrage m'est tombé tout droit dans les mains. Je ne l'ai pas choisi, je ne l'aurais pas forcément lu autrement, mais c'était une sympathique découverte. Un roman ado que je recommande (pas que pour les ados), à lire blotti sous la couette pour narguer le froid omniprésent. Il y a quelques baisses dans la narration par ci par là, mais ça reste pertinent sur la longueur, c'est astucieux, on se retrouve mis sur de fausses pistes, c'est captivant (la description du colt...) et on a du mal à lâcher le livre. Bon signe !
Tim Burton, Entretiens avec Mark Salisbury
D'Edward aux mains d'argent à Sweeney Todd, en passant par L'Etrange Noël de Monsieur Jack ou encore Big Fish, Tim Burton fait partie de ces quelques visionnaires du septième art qui ont réussi à créer à l'écran un véritable univers, à la fois novateur et complètement original. D'ordinaire avare d'entretiens, Tim Burton parle ici pour la première fois à coeur ouvert. La complicité qui le lie à Mark Salisbury mous permet d'entrer avec ces conversations dans l'intimité du créateur et de découvrir son jardin secret, peuplé de rêves et de cauchemars. Il revient ainsi avec une rare sincérité sur son enfance, ses débuts chez Disney, sur les films qu'il a faits, ou ceux qu'il n'a pas faits, sur ses relations difficiles avec les studios ; il évoque ses influences, son travail de dessinateur, d'illustrateur, et lève le voile sur ses obsessions et ses angoisses, sur ses zones d'ombre aussi. Enfin, dans ce livre exceptionnel illustré d'une centaine de ses dessins, il nous confie bon nombre d'anecdotes de tournage totalement inédites. Bien plus qu'un simple ouvrage d'entretiens, c'est un voyage au coeur même du cinéma de Tim Burton que nous vous proposons ici.
S'il ne fallait retenir qu'un seul livre sur Tim Burton, probablement serait-ce celui-ci. Il accumule les qualités, jusqu'à son format que je trouve optimal, c'est un bonheur à prendre en main. Le contenu est relativement exhaustif, j'ai encore trouvé de la matière après avoir pourtant lu l'ouvrage d'Antoine de Baecques, loin de démériter. J'ai beaucoup apprécié l'option prise pour les illustrations, uniquement composées des esquisses préparatoires de Tim Burton et sans aucune image tirées des films. La première étape de ma réconciliation avec Mars Attacks a ainsi été réalisée, j'ai pu supporter la vision des dessins des martiens. Yepie.
L'élégance des veuves, Alice Ferney
Car les épouses étaient toutes accaparées par cette tâche : procréer. Et Dieu qui les guidait, à qui chaque soir elles offraient leur journée, ce Dieu-là se chargeait de bénir leur couche, et de pardonner aux époux la douceur des caresses en soufflant autour d'eux des petits enfants. Ainsi les couples étaient féconds, comme si la terre avait été si belle qu'il fallait enfanter des êtres capables de s'en émerveiller. Ou si cruelle qu'il fallait apprendre à compter, parmi ceux qui naissaient, lesquels survivraient. (...) Le sang et la chair, qui n'ont jamais le temps qu'ils souhaiteraient, ont une éternité devant eux.
Le titre seul est déjà gracieux et tout en retenue, à l'image de ce joli livre, deuxième coup de coeur après Parle leur de batailles, de rois et d'éléphants. On y suit une même famille sur deux générations à travers la lignée des femmes. L'écriture est délicate et ciselée avec minutie, je conseille vivement.



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