Livres Avril - Mai

Games Stories, L'histoire secrète du jeu vidéo

Réalisé à l'occasion de l'exposition de l'exposition Game Story au Grand Palais, ce fascicule cumule le double avantage d'être une source d'information récente dans un média mouvant et d'offrir une bonne introduction à l'histoire du jeu vidéo à qui souhaite en connaître les bases sans se retrouver embarqué dans de nébuleuses explications techniques et sans non plus souhaiter se taper 350 pages sur la question. Exactement ce que je souhaitais donc, chouette lecture instructive.


Un sultan à Palerme, Tariq Ali

Le géographe Idrisi revient de sa dernière navigation autour de la Sicile avant d'achever sa Géographie universelle, initiée des années auparavant grâce au soutien du roi chrétien Roger - alias sultan Rujari. En cette année 1153, la fin du règne de ce monarque éclairé, grand protecteur des intellectuels musulmans, est proche. Il accueille à Palerme son vieux complice Idrisi en lui annonçant qu'il est forcé, pour satisfaire les évêques et les barons normands, de sacrifier le plus respecté de ses conseillers arabes…

Déception ! J'attendais énormément des cinq livres constituant le Quintet de l'Islam de Tariq Ali. Cet auteur d'origine pakistanaise expatrié à Londres avait un projet avec cette saga que je trouvais très positif, l'envie de la rédaction lui est venu lors de la guerre du Golfe où il voulait mettre en avant la richesse de la culture musulmane. Résultat, cinq livres à l'ancrage géographique et temporel divers : la Sicile gouvernée par les Normands, Saladin et les croisades, une famille dans l'Istanbul ottomane de la fin du XIXe siècle… Je n'ai pas réussi à venir à bout du premier roman, je ne cessais de m'arrêter, je reprenais sans plaisir. J'ai horreur d’abandonner un livre sans l’avoir terminé, mais il faut savoir cesser de s'acharner quand ça n'a vaut pas la peine. C'est frustrant parce que c'est très riche historiquement, Un sultan à Palerme se centrait sur le personnage du géographe Al-Îdrisi, il mettait en avant des comportements adoptés par les chrétiens comme les musulmans qui ne sont pas sans rappeler notre actualité… Où l'on s'aperçoit que l'identité ne doit pas s'aborder par la notion d'exclusion mais par la richesse des rencontres. Malheureusement, l'histoire en elle-même m'insupporte, c'est tellement prévisible et facile… Les évènements font trop "comme de par hasard" pour qu'on puisse leur accorder de la crédibilité et l'histoire d'amour du savant est tellement pénible… Bref, il y avait un très gros potentiel, mais si la forme est à ce point désagréable, le fond a du mal à faire valoir sa valeur. Je tenterai probablement les tomes 3 et 4 (celui avec Saladin présente hélas aussi un savant, j'en ai ma dose) en espérant que ce soit meilleur, mais je vais laisser passer un peu de temps avant.


Loin de mon père, Véronique Tadjo

Nina revient dans son pays, la Côte d'Ivoire, pour y enterrer son
père et organiser ses funérailles. Face à la famille, aux parents, aux amis, aux voisins, Nina est seule. Le pays qu'elle a quitté depuis si longtemps lui échappe, les règles et les usages lui restent obscurs, et il s'agit pourtant de trouver le ton juste, l'attitude convenable face aux comportements des uns et des autres, aux mesquineries, aux convoitises. Pour des raisons protocolaires, les funérailles sont plusieurs fois ajournées mais, dans ce pays où gronde la guerre civile, dans cette ville d'Abidjan en proie au chaos, Nina tente d'accepter, d'assumer son impuissance et ale retrouver une appartenance à jamais perdue. Malgré sa posture tout à la fois proche et étrangère, elle investit avec dignité la place qui sera désormais la sienne en cette maison paternelle. Quel est le pouvoir des femmes au sein de la famille. jusqu'où peut aller l'ambiguïté de leur comportement face à la polygamie, l'héritage familial ou les choix de toute une vie ? D'une voix toujours plus déterminée, Véronique Tadjo questionne l'Afrique d'aujourd'hui, entre rituels et dérives politiques, clestin individuel et portrait d'une culture ancestrale.

Raaaah, j’ai perdu cette chronique… Et je n’ai aucune intention de tout réécrire alors je me contenterai de le conseiller vivement, c’est une franche réussite.


Le Turquetto, Metin Arditi

Se pourrait-il qu'un tableau célèbre - dont la signature présente une anomalie chromatique - soit l'unique oeuvre qui nous reste d'un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne : un élève prodige de Titien, que lui-même appelait "le Turquetto" (le petit Turc) ? Né de parents juifs en terre musulmane (à Constantinople, aux environs de 1519), ce fils d'un employé du marché aux esclaves s'exile très jeune à Venise pour y parfaire et pratiquer son art. Sous une identité d'emprunt, il fréquente les ateliers de Titien avant de faire carrière et de donner aux congrégations de Venise une œuvre admirable nourrie de tradition biblique, de calligraphie ottomane et d'art sacré byzantin. Il est au sommet de sa gloire lorsqu'une liaison le dévoile et l'amène à comparaître devant les tribunaux de Venise…

Le Turquetto, ou comment un livre mis bien en avant sur ma pile de lectures à venir et dont je retardais la rencontre par délectation annoncée affiche son caractère décevant dès la première page. Je l'ai trouvé vulgaire, ça a été totalement rédhibitoire. Je me suis efforcée de continuer pour ne pas formuler de jugement définitif, malheureusement la suite n'a fait que renforcer cette impression de viande fraiche étalée et d'obsession sexuelle peu contrôlée, ça m'a gonflée et j'ai fini le livre en diagonale. Le pire, c'est que j'ai saisi les différentes séquences de l’histoire et je n'ai pas eu l'impression d'avoir raté quoi que ce soit. Quelques passages étaient un peu plus satisfaisants dans la partie vénitienne, mais le tout ne justifie à mon sens absolument pas la reconnaissance dont ce livre a été l’objet.


La ferme des animaux, George Orwell

Un certain 21 Juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement : "Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d'alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux son égaux." Le temps passe. La pluie efface les commandements. L'âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : "Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres."

Donner une impression de quelques lignes sur un tel classique semble voué à l'échec. Disons plutôt que si 1984 est le chef d'œuvre d'Orwell, La ferme des animaux préfigure déjà certains des thèmes que l'on y retrouvera par la suite. Fable animalière retraçant l'avènement et les excès du communisme, l'œuvre a une portée plus universelle en ce qu'elle décrit les mécanismes des régimes totalitaires de manière très simple et pourtant totalement terrifiante. De la prise de pouvoir de la collectivité par opposition au tyran d'alors jusqu'à l'asservissement du plus grand nombre justifié par les principes de la révolution aux profits des nouveaux maîtres plus cruels encore que les précédents, de nombreuses étapes sont franchies. Elaboration d'une doctrine unificatrice permettant le renversement des rapports de force (doctrine qui sera à loisir modifiée selon les besoins du régime jusqu'à sa simplification extrême), pouvoir exercé par un petit nombre au nom du service de la communauté et conservant de ce fait une apparence démocratique, luttes intestines, construction identitaire par la peur d'un ennemi commun créé de toute pièce mais dont la menace justifie la prise de mesures liberticides, révision de l'histoire, capacité de soulèvement habilement maîtrisée en détournant l'énergie, purges…


Quelques autres livres…

Je me souviens avoir lu :
Venise : Impressions de peintres, Denis Montagnon, Jacques Boulay
Nouvelles, Jérome David Salinger
Jérusalem, Simon Sebag Montefiore
Pour le reste…

samedi 12 mai 2012

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